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Histoire de chasse #8 - Provence

  • 31 juil.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 9 août

Cazar, Maison de chasse en immobilier de luxe. 


Charline et Tom, Provence



Il y a des dossiers qui commencent par une liste de critères. Et il y a ceux qui commencent par un détail qu'on n'oublie plus jamais. Celui de Charline et Tom appartient à la seconde catégorie.


Et ce détail, c'est deux mètres.

La taille de Tom.


Je le comprends dès notre premier échange, presque avant de comprendre le reste. Tom est le seul homme d'un foyer que je devine, au fil de la conversation, aussi bruyant qu'attachant : trois filles, un Dogue Allemand qui a la carrure d’un poney, et une envie commune et non négociable de calme absolu.


Ils cherchent une résidence secondaire dans le Luberon, un endroit où décompresser loin du Nord…mais un endroit précis, presque exigeant dans sa simplicité : une vue qui arrête la conversation, et assez de hauteur sous plafond pour que le chef de famille cesse enfin de vivre courbé.


Ce qui me frappe, en les écoutant, ce n'est pas leur exigence. C'est leur fatigue. Ils ont déjà visité, cherché, espéré de leur côté, et ce qu'ils attendent de moi n'est pas une nouvelle liste de possibilités. C'est qu'on arrête de leur faire perdre du temps.


Alors avant même de leur proposer une seule visite, je pars seul sur les routes du Luberon. Je veux comprendre, avec mes yeux et non ceux d'une annonce, ce que "leur" maison pourrait être. Le Luberon regorge de mas magnifiques, mais son architecture du XVIIIᵉ et du XIXᵉ siècle a été pensée pour préserver la fraîcheur, avec des portes et des plafonds taillés pour des habitants qui culminaient plutôt à un mètre soixante-cinq. Autant dire que la moitié du parc immobilier de la région s'élimine d'elle-même dès que Tom en franchit le seuil.


Je sélectionne trois propriétés.

Pas cinq, pas dix, trois.


Parce qu'à ce stade de leur recherche, chaque visite compte double, et qu'une visite de trop peut décourager plus sûrement qu'elle ne rapproche.


Le jour venu, je les emmène d'abord à Gordes.

Les pierres sont magnifiques, le jardin a ce charme un peu sauvage qu'on ne fabrique pas. Et puis Tom passe la porte d'entrée, et …il baisse la tête. Un geste presque automatique, comme un réflexe déjà ancien. Personne ne dit rien. Mais je vois, dans son regard, ce calcul silencieux que font tous les gens trop grands pour leur maison : combien de fois par jour je vais me cogner, ici. Les volumes de cette maison étaient pourtant généreux. Mais pour Tom, ils ne l'étaient pas encore assez.


Nous reprenons la route vers le bas du village de Bonnieux, pour la deuxième étape de la journée : une rénovation splendide, un véritable travail d'orfèvre qui aurait pu séduire n'importe quel acheteur pressé.

Cette maison avait toute sa place dans leur sélection. Les volumes étaient là, les prestations aussi, et je savais qu'elle méritait d'être confrontée à leur regard. Mais il manquait cette émotion difficile à expliquer, celle qui fait oublier tout le reste. La vue était belle, sans provoquer le coup de cœur qu'ils étaient venus chercher.


Charline le formule avant moi : “C'est joli. Mais ce n'est pas ça.”


Elle a raison.


Et c'est exactement pour cette raison que je garde la troisième maison pour la fin de la journée.. celle qui n’était pas à vendre quelques jours plus tôt, celle qui se visite à l’heure de l’apéritif, celle dont je n'ai encore rien dit, celle que j'ai construite comme le point d'orgue de cette journée plutôt que comme son point de départ.


Nous prenons de la hauteur sur les collines de Bonnieux.


La route se resserre, grimpe, s'entoure de cerisiers et de quelques vignes qui accompagnent le paysage comme des figurants discrets. Dans la voiture, les conversations se font plus rares. Ils ont compris, sans que j'aie besoin de le dire, que cette visite est différente des deux précédentes.


Le portail s'ouvre sur un mas du XIXᵉ siècle de 500 m², structuré autour d'une cour intérieure comme un petit village en miniature.


Il y a un silence, à cet instant précis, que je n'oublierai pas.

Personne ne parle.


Tom entre le premier, et je le regarde faire ce qu'il n'a fait dans aucune des deux maisons précédentes : marcher normalement. Les plafonds sont hauts, la circulation fluide, et pour la première fois de la journée, plus personne ne cherche les défauts. On sent, physiquement, le moment où une famille arrête de visiter une maison et commence à y vivre en pensée.


Les trois filles disparaissent presque aussitôt. La configuration en petit hameau, avec ses chambres disséminées dans plusieurs ailes, leur offre un territoire à conquérir, il ne leur faut que quelques minutes pour se répartir les lieux, sans concertation, comme si chacune savait déjà quelle chambre lui revenait. On n'entend plus de questions, seulement des éclats de voix et des « celle-ci est à moi ». La maison ne leur appartient pas encore sur le papier. Elle leur appartient déjà dans les faits.


Et puis il y a la vue… celle dont ils me parlaient depuis notre tout premier appel, celle qu'aucune annonce, aucune photo, aucun mot ne peut vraiment transmettre à l'avance. Elle est là, enfin : la vallée du Luberon à perte de vue, un coucher de soleil qui embrase tout l'horizon, le genre de panorama qu'on ne finit jamais tout à fait de regarder, même après l'avoir vu mille fois.


La maison n'a presque rien à corriger.


Une grande baie vitrée à percer, pensée comme un écran de cinéma ouvert sur ce paysage. Une cave à vin à créer. Un peu de décoration pour réveiller des volumes déjà généreux. Rien qui ne ressemble à un chantier, seulement des projets qu'on a hâte de commencer.


Face à un coup de cœur aussi net, la négociation s'est faite rapidement, dans le respect total des deux parties. Certains dossiers demandent des semaines d'allers-retours. Celui-ci s'est joué en quelques minutes le temps qu'un portail s'ouvre, et qu'un silence, dans une voiture, dise déjà tout ce qu'il y avait à dire. Même si, même si.. cette chasse aura tout de même durée 4 bons mois de mon côté. 


Aujourd'hui, quand Charline et Tom quittent le Nord pour rejoindre le Luberon, ce n'est plus une résidence secondaire qui les attend au bout de la route. C'est un refuge, taillé enfin à la hauteur de leur tribu.



Nous ne vendons pas, nous chassons.


Si investir en Provence est dans vos projets - actuels ou à venir,

nous nous tenons à votre entière disposition.


Cazar, exclusivement pour les acheteurs, partout en Europe et à Marrakech.



 
 
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